Qui sommes-nous

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Créé en 1959, le SEMPA, Syndicat des Entreprises de Manutention des Ports autonomes d’Abidjan et San Pedro (SEMPA) a une longue histoire au service de l'économie ivoirienne. Il est composé de 40 membres à Abidjan et San Pedro, qui sont tous des entreprises de manutention.


1. Origines et Création


Le paysage portuaire ivoirien s'est structuré autour d'un besoin de coordination de la main-d'œuvre.


• 1959 : Création du SEMPA (Syndicat des Entreprises de Manutention et de Transit des Ports Autonomes de Côte d'Ivoire). À cette époque, il s'agit d'un regroupement d'employeurs (organisation patronale) dont le but est de coordonner l'embauche des ouvriers sur les quais d'Abidjan.
• 1972 : A l'ouverture du port de San-Pedro, le SEMPA étend son influence. Une délégation est donc installée dans le sud-ouest pour gérer les dockers de cette nouvelle zone portuaire.
• 1999 : Institution du BMOD préposé commun du SEMPA.


2. Gouvernance du SEMPA/BMOD


Depuis sa création, le SEMPA est administré par un Conseil d'Administration. La haute direction de l'organisation est assurée par un Président, assisté dans ses fonctions par un Bureau Exécutif composé d'un Vice-Président, d'un Trésorier et de deux Administrateurs.

La gestion opérationnelle et le pilotage quotidien sont dévolus à la Direction Générale, laquelle s'appuie sur son Comité de Direction pour garantir l'efficacité des activités.



3. Mission du SEMPA/BMOD


Le SEMPA/BMOD a pour mission le recrutement, la formation et la mise à disposition de la main-d'œuvre dockers au profit des manutentionnaires opérant dans les ports de Côte d'Ivoire. Ainsi, le SEMPA/BMOD, à travers son Bureau de la main d’œuvre dockers - avec 8 500 travailleurs, est le premier employeur de Côte d'Ivoire et un acteur majeur dans la création d'emplois dans notre pays. Il gère l'ensemble du personnel qui charge et décharge les navires, s'assurant que les ports fonctionnent de manière efficace et sécurisée.


4. Notre vision 2026 - 2030


« D'ici 2030, le BMOD sera reconnu comme l'autorité légitime, moderne et performante de la manutention portuaire en Côte d'Ivoire, garantissant une main d'œuvre qualifiée, disciplinée et sécurisée, au service de la compétitivité de nos ports et du développement de la Côte d'ivoire


5. L'Évolution Institutionnelle


Afin d'instaurer un cadre juridique formel régissant la gestion de la main-d'œuvre portuaire, l'État de Côte d'Ivoire a promulgué les décrets du 4 août 1999 et du 30 janvier 2019. Ces dispositions réglementaires définissent les missions du Bureau de la Main-d’œuvre Docker (BMOD) et consacrent le statut particulier des dockers de Côte d'Ivoire.


Le passage du décret n° 99-510 au décret n° 2019-102 marque une transition fondamentale de la nature juridique du docker, qui n'est plus défini comme un simple « travailleur journalier ». Désormais, le docker est reconnu comme un « travailleur portuaire » bénéficiant d'un statut particulier et de contrats de travail plus formels, tels que des contrats à durée déterminée à terme imprécis pour les dockers permanents, ou même à durée indéterminée pour ceux assurant des fonctions d'encadrement.


La gestion de la main-d'œuvre a également connu une réforme structurelle importante. Sous le décret de 1999, le Bureau de la Main-d’œuvre Docker (BMOD) était défini comme une structure privée, préposé commun des entreprises de manutention regroupées au sein du SEMPA. En 2019, bien que la gestion puisse toujours être concédée, l'accent est mis sur un « organisme de gestion » dont l'activité est plus strictement encadrée par l'autorité portuaire et l'État, incluant un contrôle accru via une commission de suivi.


Les conditions d'accès à la profession ont été reamenagées et mieux structurées pour favoriser la professionnalisation. Alors que le décret de 1999 fixait la limite d'âge de recrutement à 35 ans, le nouveau décret de 2019 l'étend à 40 ans. De plus, de nouvelles catégories professionnelles, comme celle des dockers assurant des fonctions d'encadrement, ont été créées pour valoriser l'expérience et l'ancienneté.


Sur le plan de la protection sociale et des avantages, le décret de 2019 apporte des garanties nettement supérieures. La réforme introduit une assurance santé via un contrôle médical annuel obligatoire et la mise en place d'indemnités de fin de carrière.

Enfin, le champ d'application a été réaffirmé pour protéger le corps de métier. Le décret de 2019 définit plus précisément les opérations de manutention et de transit et impose des pénalités aux entreprises qui auraient recours à de la main-d'œuvre non immatriculée au registre officiel. Cette exclusivité garantit que seuls les dockers qualifiés et enregistrés peuvent intervenir dans l'enceinte portuaire et ses prolongements (magasins, aires de dédouanement).


6. Evolution du Système de Gestion de la main d’œuvre


Historiquement, depuis 1956, le recrutement et l'affectation de la main-d'œuvre portuaire s'opéraient selon le système de l'embauche "à la criée". La sélection des dockers sur les chantiers de manutention reposait alors sur l'arbitraire de contremaîtres, dont certains exigeaient des rétrocommissions en contrepartie du travail. Ce mode de gestion archaïque favorisait le clientélisme, au détriment des principes d'équité, de transparence et de traçabilité.


Un tournant technologique majeur a été amorcé en octobre 2023, date à laquelle le SEMPA/BMOD a radicalement transformé ses processus de planification par l’adoption d’une plateforme intégralement numérisée. Ce dispositif permet désormais d'organiser les chantiers et de convoquer les travailleurs à J-1 via leur smartphone et des SMS. Avec une fréquentation dépassant les 6 000 connexions quotidiennes, cette application a opéré un véritable changement de paradigme sur le marché du travail portuaire. En affranchissant les travailleurs de l'obligation de présence physique pour la recherche d'emploi — plus de 95 % des besoins étant désormais couverts la veille — le système a substitué l'efficacité à l'aléa.


Outre l'optimisation de la gestion, cette innovation offre des garanties accrues aux entreprises utilisatrices. Elle assure, en effet, une traçabilité rigoureuse des présences et une transparence totale du système de facturation.